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Maladies Infectieuses et Tropicales

Guide de traitement - Référence pour une bonne pratique médicale

EpiConcept connecté - déconnexion - mardi25juin/06/2024
accueil > Infections > Parasitoses digestives > Strongyloïdose (anguillulose)

strongyloïdose (anguillulose)

Pathogène/Epidémiologie

  • Strongyloides stercoralis : helminthe nématode de 3 mm de long
  • Prévalence de 5 à 10 % dans les régions tropicales (chaudes et humides)
  • Observée en France chez les voyageurs ou les migrants
  • Portage chronique asymptomatique possible pendant des décennies grâce à un cycle parasitaire d'auto-infestation interne, notamment en zone non endémique
  • Pénétration transcutanée (en général au niveau des pieds par la marche pieds-nus ou avec des chaussures basses et ouvertes)

Clinique

Symptomatologie très variable liée en partie à la charge parasitaire :

  • Le plus souvent asymptomatique (portage asymptomatique chronique pendant des décennies possible)
  • Au stade de primo-invasion : prurit, urticaire, toux voire syndrome de Löffler
  • Lors de cycle d'auto-infestation interne : larva currens (dermatite larvaire rampante fugace, en règle dans la zone périnéale et de l'hypogastre)
  • Si symptomatique : en règle manifestations minimes et non spécifiques : dyspepsie, diarrhée. Si infestation massive (essentiellement chez l'enfant en zone d'endémie) : diarrhée abondante avec possible malabsorption et dénutrition
  • Strongyloïdose (anguillulose) disséminée ("maligne") si immuno-dépression (le plus souvent chimiothérapie, corticothérapie, infection à HTLV-1 mais rare au cours du sida ) :
    • Diarrhée massive, détresse respiratoire, méningite "parasitaire" compliquée d'une méningite à Gram-, bactériémies à Gram-,... pronostic en règle très réservé avec mortalité importante

Diagnostic

Eléments d'orientation: 

  • Notion de contage (parfois trés ancien)
  • Hyperéosinophilie inconstante et variable

 

Diagnostic spécifique

  • En dehors des rares formes disséminées, où la mise en évidence des larves peut avoir lieu dans tout produit pathologique, la mise en évidence des parasites s'effectue dans les selles
  • EPS : larves mobiles : leur intermittence justifie des examens répétés. Recherche à préciser (technique de Baermann : extraction/concentration)
  • PCR, plus sensible que l'EPS
  • Sérologie (positivité inconstante)

Traitement

Traitement de référence :

  • Ivermectine 200 µg/kg en une prise unique soit 4 cp à 3 mg chez l'adulte
    L'utilité d'une seconde cure, renouvelée 7 à 14 jours plus tard, n'est pas démontrée
  • Stongyloïdose disséminée : traitement non codifié mais la gravité justifie des doses répétés (minimum 3 fois, voire quotidiennes) et sur une durée prolongée (au moins 2 semaines)
  • Avant toute thérapie immuno-suppressive si séjour en zone tropicale même plusieurs décennies avant, prescrire systématiquement une cure d'ivermectine préventive pour éviter la forme disséminée.
  • Chez les patients infectés par HTLV-1 rechutes inévitables justifiant des traitements répétés (périodicité fonction de la charge parasitaire et des symptomes)

Autres traitements :

  • Albendazole (2 comprimés à 400 mg/j x 7 j) actif mais moins efficace

Prévention

Commune à toutes les infections liées à une transmission percutanée :

  • Éviter la marche pieds nus